Les chiffres ne mentent pas : le diesel, autrefois roi des routes européennes, vit ses dernières heures dans les catalogues des constructeurs. Certains acteurs majeurs du secteur n’attendent même plus les ultimatums législatifs. Tandis que des groupes automobiles coupent court à la production pour le grand public, d’autres temporisent, réservant leurs derniers moteurs diesel à des marchés spécifiques ou à des flottes professionnelles. Sur le Vieux Continent, le couperet réglementaire s’abat plus vite qu’ailleurs, poussant l’industrie à revoir ses priorités. Pourtant, loin des projecteurs, certaines chaînes continuent d’aligner des modèles diesel, principalement pour les expédier vers d’autres continents.
Les communiqués de presse annonçant la fin du diesel s’enchaînent depuis deux ans, forçant les usines à se réorganiser et les stratégies commerciales à évoluer. À mesure que la transition s’impose, les conséquences se précisent : redéploiement de main-d’œuvre, virage vers de nouvelles technologies, et impact écologique enfin pris au sérieux. Les lignes bougent, et l’automobile européenne n’a plus d’autre choix que d’accélérer le mouvement.
Pourquoi les constructeurs automobiles abandonnent progressivement le diesel
Le retrait progressif du diesel ne doit rien au hasard. L’industrie automobile affronte une transformation profonde, dictée aussi bien par la réglementation européenne que par l’évolution de la demande. Pendant des décennies, choisir un moteur diesel, c’était miser sur la sobriété de consommation, notamment sur autoroute. Aujourd’hui, la donne a changé : chaque nouvelle norme durcit la tâche des ingénieurs et gonfle le prix de revient de ces motorisations.
Le scandale du dieselgate a agi comme un électrochoc. La confiance des consommateurs s’est fissurée, celle des décideurs aussi. Depuis, la recherche et développement se détourne peu à peu du diesel pour investir dans des alternatives : essence optimisée, hybride, et surtout électrique. À chaque trimestre, de nouveaux groupes annoncent la sortie progressive du diesel de leur gamme. Ce n’est plus une niche, c’est une lame de fond.
Trois facteurs majeurs expliquent ce mouvement :
- Pression réglementaire : sur le marché européen, chaque gramme de CO₂ supplémentaire se paie cher. Les amendes dissuadent toute prise de risque.
- Évolution des ventes : la clientèle se détourne du diesel, notamment sur les segments des citadines et des SUV compacts, où l’offre se réduit mois après mois.
- Coûts industriels : moderniser les lignes de production pour respecter les normes devient un pari de moins en moins rentable face à la montée en puissance des véhicules électriques.
En France, la bascule s’accélère. Des sites historiques, comme ceux du groupe Stellantis, ralentissent la cadence sur les blocs BlueHDi. Les dernières annonces ne laissent plus de place au doute : la page du diesel se tourne, et l’innovation prend le relais. C’est désormais sur le terrain des nouvelles technologies que se joue la compétition.
Quelles marques ont déjà annoncé la fin du diesel et à quel horizon
Les constructeurs ne se cachent plus. Les annonces de retrait du diesel s’accumulent, dessinant une trajectoire nette. Volvo a ouvert le bal : depuis 2023, plus aucun nouveau modèle diesel ne sort de ses usines, et d’ici 2030, la gamme sera entièrement électrifiée. Porsche, précurseur sur ce plan, a stoppé net la production de ses moteurs diesel dès 2018, misant tout sur l’hybride haut de gamme et le tout-électrique.
Chez Audi, la transition s’opère en douceur mais sûrement. Les blocs TDI disparaissent progressivement du marché européen, avec un objectif clair : plus aucun moteur diesel sur les nouveaux modèles dès 2026. BMW préfère avancer par étapes, réajustant son offre selon les marchés et les segments, tout en réduisant la gamme diesel année après année. Côté français, Renault restreint désormais le diesel à quelques utilitaires, ayant mis un terme à la plupart des versions diesel sur citadines et SUV compacts. Peugeot, lui aussi, restreint la voilure, recentrant son catalogue européen sur l’électrification.
Voici un aperçu des choix opérés par les grands constructeurs :
- Volvo : fin des nouveaux modèles diesel dès 2023, objectif 100 % électrifié en 2030.
- Porsche : production du diesel arrêtée depuis 2018, concentration sur l’électrique.
- Audi : disparition graduelle, aucun diesel sur nouveaux modèles à partir de 2026.
- Renault : retrait massif du diesel, maintien limité sur certains utilitaires.
- Peugeot : forte réduction de l’offre diesel, priorité à l’électrification.
La marque qui arrête le diesel n’est plus une exception. Elle incarne la nouvelle norme, et ce changement de cap redéfinit le paysage automobile européen. Les ambitions se concrétisent, et la transition électrique s’impose à un rythme inédit.
Conséquences pour l’industrie automobile européenne et l’emploi
Cette transition ne se fait pas sans secousses. Sur le marché européen, la sortie du diesel représente un défi de taille pour l’ensemble de la filière. Les chaînes de production doivent s’adapter, parfois au pas de charge. Pour les salariés, l’avenir paraît incertain, avec la crainte d’une reconversion forcée ou d’une délocalisation.
Dans les usines françaises, la mutation se vit au quotidien. Un chiffre parle de lui-même : en 2012, sept voitures neuves sur dix roulaient au diesel en France ; onze ans plus tard, elles ne représentent plus qu’une part résiduelle du marché. Résultat ? Les ateliers spécialisés doivent changer d’activité. Les plus dynamiques forment leurs équipes à l’assemblage de moteurs électriques ou de batteries. D’autres, faute d’alternative, sont menacés de fermeture.
Renault et Stellantis ajustent leur stratégie : la fabrication de moteurs thermiques baisse, tandis que les chaînes d’assemblage de composants électriques montent en puissance. Ces réorganisations s’accompagnent de reclassements, parfois de départs négociés. Les sous-traitants, très dépendants du diesel, cherchent de nouveaux marchés ou diversifient leurs activités pour ne pas rester sur le carreau.
Dans l’ouest et le nord du pays, régions historiquement liées à l’industrie automobile, la période est à la transformation. Développer de nouvelles compétences devient la clé pour rester dans la course. Sous l’effet conjugué de la pression réglementaire et des choix industriels, l’emploi se réinvente, dessinant les contours d’un nouveau modèle pour la décennie à venir.
L’impact environnemental et les alternatives proposées aux automobilistes
Un air plus pur : voilà ce que promet la sortie du diesel. Les moteurs thermiques ont laissé leur empreinte, entre émissions de particules, oxydes d’azote et contribution au réchauffement climatique. Face à l’urgence, les gouvernements et la Commission européenne accélèrent la cadence, imposant de nouvelles règles pour réduire l’empreinte carbone du secteur automobile.
Les constructeurs multiplient les solutions pour accompagner les automobilistes dans ce virage. Les gammes de voitures électriques s’élargissent à vue d’œil. Chaque nouveauté, qu’il s’agisse de Peugeot, Renault, Audi ou BMW, met en avant une batterie plus performante, une autonomie plus réaliste, et des temps de recharge en baisse. L’hybride, sous toutes ses formes, trouve aussi son public, en offrant une alternative flexible à ceux qui ne veulent pas franchir le pas du 100 % électrique.
Quelques alternatives concrètes s’offrent désormais aux conducteurs :
- Voitures électriques : pas d’émission à l’usage, entretien simplifié, accès facilité aux zones à faibles émissions.
- Hybrides rechargeables : la solution pour combiner autonomie sur longs trajets et déplacements quotidiens en mode électrique.
- Hybrides non rechargeables : consommation optimisée, coût d’accès plus abordable pour une transition en douceur.
L’émergence d’un marché de l’occasion pour les véhicules électriques élargit l’accès à ces technologies. Les aides financières, les primes à la conversion et l’expansion du réseau de recharge facilitent le passage à une mobilité plus propre. Le diesel s’éclipse, laissant place à une nouvelle génération de véhicules, plus respectueux de l’environnement et mieux adaptés aux enjeux d’aujourd’hui. La route s’ouvre, et personne ne regarde plus en arrière.

